"Le nu est aveugle ,
seul le touché voit ,
tu as soufflé sur une semence de couleur ,
Blé marin
la ruelle est toute pleine
de tes babillages humains
les pavés sont des moineaux
qui s'envolent sous tes pas
quelle voix est en moi , autre que moi-mème ?
tu bois de son corps-vigne
cépage fertile en oiseaux
je connais leurs moeurs
à ta tendre exigence
je connais tes feuillages intimes
le puit
aux lèvres sucrées
les peaux mouillées de la petite source
si j'étais une femme sans ombre
je serais ta sève nocturne ,
le naufrage crie d'aimer
aboyeurs de couleurs
pur absolu
des terreaux nocturnes ,
où es-tu ?
reflets d'opiacés
ancillaires besognes
des corps écoulés
tourbes , soleils
mes os levain
travessent la lumière suicidée
mais au fond
bord à bord tranchés
dans une langue noueuse , infini
j'attise tes douves amoureuses
belle dans ma nuit d'abscent
j'ecris sur tes nus
ardoises d'un désir sans mot
mais hors à hors
boa et cristal auront le mot de la
fin "